Liban de son rêve

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Chapitre 1 : Dernier jour


  Mal éclairées par les faibles lanternes des kiosques, les ruelles de Beyrouth ne m’ont jamais semblé si sinistre que ce soir-là. Une mélancolie immense s’emparait de moi en essayant désespérément de soulever mon propre poids. je pouvais sentir les larmes qui se cristallisaient et ma chair qui se serrait et brûlait en commémorant encore une fois mon impuissance face à l'état archaïque auquel je ne pouvais échapper. Avec un esprit engourdi de ne plus trouver de pain depuis deux jours, mon corps a resigné à ses essais en vain, et je tombai étourdi sur mon épaule gauche déjà cicatrisée. La chute violente m’a fait pousser un cri de mes poumons abattus. La dernière image dont je me souviens, est celle d’un mur effondré avec  'JUSTICE POUR NOS MARTYRES’ écrit en peinture en aérosol. Je sentais la peine de ma face gauchère, une douleur si immense jusqu’ à élever mon corps en factures; et malgré mon impossibilité de mouvement, je savais que ma tête saignait. Plus le temps passait et plus la douleur s’intensifiait, mais après quelques instants, mes yeux étaient les suivants à renoncer.



Chapitre 2: Reflexions

  Un soir calme régnait sur le port de Beyrouth, un soir radieux, plein de clarté lunaire qui s'étendait aux âmes engourdies où pas un frisson passait. “Papa, pour l’amour de dieu, viens rentrer, maman doit être assez anxieuse de ne pas te trouver à une heure si tardive!”. Mais il ne fit aucun signe. Il était debout devant la jetée, en train de contempler  la mer silencieuse et perfide. Mon père insistait toujours que la mère adopte le marin, “dans son infinité merveilleuse, sa tranquillité pétrifiante, et les histoires lugubres qu’elles camouflent derrière ces cris ténébreux”. Père Ramez avait toujours une attraction particulière envers la mer et l’eau, ce qui est bien justifiable puisqu’il a adopté son métier depuis qu’il avait dix-neuf ans; une besogne qu’il a hérité de son père et de son grand-père. Son métier rigoureux lui impose avoir une personnalité plutôt sévère, spécifiquement envers Taher et Hadi, et une incapacité d’exprimer ses émotions, afin de ne pas défaillir sa réputation de roche. Néanmoins, personne ne peut nier que derrière cette figure grande et puissante du marin levantin, avec sa barbe arabe et dense qui fait allusion à son ardeur masculine, naquit un esprit doux et faible.

Hadi, malgré lui, avait hérité de son père quelques habitudes. Il était sinistre et énigmatique comme la mer, et parlait rarement de lui-même. On connaissait peu sa jeunesse, autre que les raisons qui l'ont poussé à devenir marin. On racontait que son père était un capitaine célèbre dans le Port, et avait beaucoup de connaissances Nobles. Cependant, la gloire de son père et sa réputation favorable valait peut a Hadi, qui désirait ardemment devenir un écrivain. Seuls les tragédies théâtrales et les comptes de mousquetaires rassasiaient son esprit  d’adolescent insouciant.Un jour, Hadi revint de l'école et trouva sa mère qui pleurait en sanglots, et ainsi il découvrit qu’une explosion - un certain “complot” entre les forces du mal - avait fait de son père un martyre. Le coup l’a poignarde au coeur, et le choc l’a arrache violemment de ses arteres avec sa main noir qui egorge la concience comme on egorge un condamne a mort. Hadi n’avait que dix-huit ans,  mais savait son devoir, et depuis ce jour, il portait le fardeau de sa mère, ses frères, et sa sœur, la nouvelle née. À cause des difficultés financières, Hadi ne put trouver une place pour lui que dans les marines, avec les peu camarades fidèles de son père. Ainsi, il conduisit une vie gouvernée par ses responsabilités interminables de frère aîné, ses tâches de marins, son drame de traumatisme, son passé anéanti et sa future en ruines. Cette vie chambardée paraissait futile, et il imaginait parfois la possibilité d’un destin différent, un destin qui pouvait lui procurer tous les petits délices copieux À son esprit, jusqu'à ce qu’il  ne sente jamais les douleurs de la famine. Mais cette rêverie se dégradait à la commémoration de sa conviction qu’il est condamné à une vie rude même avant sa naissance. Il était condamné à être Libanais , à porter ce fardeaux d'identité sur sa carapace qui s'écrase de plus avec la naissance d’un nouveau jour.

Condamné à vivre dans une lande austère. Condamné à voir le dollar s’envoler et à acheter une nouvelle boîte de calmants. Condamné à la supplice et la mendicité. Condamné à regarder son rêve détruit en ruptures par la main grotesque de ceux qui vendent leurs hypocrisie, et se réveille dans les pyjamas en soie de millionnaires, alors qu’un jeune garçon dans l’âge de gloire et d’extase ira au lit ce soir sans un père à embrasser et sans un dîner pour rassasier son estomac affamé. 

Au sein de toutes ces lois et ordres, Hadi avait l’audace et l’insolence de rêver. Rêver d’un autre cheminement pour sa vie, songer à un autre Liban.



Dans ses fantaisies, le Liban est une lande ou le sol se transforme en or dans la main du cultivateur. Ses songeries envisagent souvent le Grand Liban comme un portrait d’un homme glorieux et grave, qui porte une veste en rouge et or, brodé avec des roches d'émeraude,  sous laquelle une chemise damassée couvre soigneusement une figure gracieuse et puissante. L’homme cache ses mains tranchantes avec des gants de velour blanc garnis de bijours, et couvre sa tete avec une cape cranienne parsemÉe de perles.

Cet homme est le symbole de la loi. Dans son portrait, il se penche courageusement avec tout la gloire et sévérité d’un sculpture grecque, avec un regard perçant qui tranche d’un seul clin les têtes des oppresseurs machiavéliques, et dressent leurs têtes sur des bâtons au sein de la ville pour visualiser la victoire et le sens de bonté des Libanais qui s’est montré jour après jour infaillible et sÛr comme la clarté du soleil. Sa veste rouge et doré portÉ avec fierté est le sang des martyres qui ont sacrifié leur chair pour forger ce Grand Liban, et le sang des victimes des années d’oppressions dont est le père Ramez qui a laissé derrière lui une famille dépendante, et les nombreux elégies de Hadi, abandonnées dans les armoires d’oubliettes avec le reste de ses projets d'écriture jetés à l’eau.

 Malgré l'atrocité de cette veste, elle est ornée avec des émeraudes, ces vieilles pierres précieuses de couleur verdâtre royale qui reflète la volonté d’un marquis, et le heroisme, la vaillance et la prospérité des Libanais.



Hélas, le Liban contemporain semblait fort loin de ce portrait d'idéalisme, et l’image tachée avec le déshonore suscitait des envies malades chez Hadi. pour des années, il ne pouvait se libérer de ces envies, ou du moins il n’a jamais cherché la libération. Quand il pensait aux hommes et aux femmes libanaises au cours de l’histoire, un sentiment de perte lui hantait l’esprit. Beaucoup a été abandonné, et pour des raisons très futiles. Beaucoup de rejections volontaires ont ete prise,et des formes monstrueux de auto torture dont l’origine etait la peur, mais dont le resultat etait infiniment plus degradant que la degradation immaginaire qu’ils cherchaient echapper. Les Libanais semblent toujours suivre une forme d’ascÈse envers les beau arts de la vie pour échapper au mauvais et trouver un refuge dans le pire, et rendre à l'art Gothique une vitalité endurante, l’art des Hommes dont les esprits ont été troublés par la maladie des rêveries insignifiantes, et sans même le courage de les poursuivre pour sauver ce qui reste de leur pays ruiné.



Hadi décida de prendre les choses en mains, et ayant toutes ces convictions qui enveloppaient son cerveau, il décida enfin de se soumettre à ses envies et se libérer du puritanisme, de la sûreté, des refuges qui étouffent les sens humains. La vie de ses sens et de leurs une philosophie mystique n’a jamais été autant respectée par ces Hommes, et par un fou désir momentané il désirait les libérer. 

Un soir de mai ou l’air inspirait les folies, il quitta sa demeure et embarqua dans une nouvelle aventure, au nom de saisir la vie en main. Ainsi, il voyageait à pied et pendant cinq mois, il écrivait des manuscrites et il évoquait tout ce que son cœur désirait libérer sur son pays cher et sur sa vie. Malheureusement, la carrière anonyme ne dura que cinq mois, puisqu’elle ne procurait pas ce qui aidait sa famine toujours présente. Après un mois, on a reporté sa disparition, avant de trouver son cadavre dans une des rues de Beyrouth, avec une manuscrite:

Ma si belle Beyrouth, ma petite Jasmine froissé, ton odeur peut-être commune, mais elle est certainement la plus belle de tous. Cher Beyrouth, apprends-moi comment vivre et protéger ma jeunesse  dans une lande détruite ou les Hommes se battent incessamment. Je me suis consolé de la disparition de mon passé et mes chers depuis longtemps, mais je ne puis vivre sans un futur. Mon pays, mon Grand Liban, n’a jamais vu le jour, et je ne peux me consoler de la mort prématurée du seul Grand Amour que j’ai connu.

Marwa Al Masri

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